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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 17:03

 

       UNE EXACTION ALLEMANDE A TOUSSIEU (Ain)

                            en Juillet 1944

 

Chaque année, la date du 12 juillet rappelle un bien triste événement qui s’est déroulé en 1944 à Toussieu. Ce jour-là, 28 jeunes Français ont en effet été lâchement assassinés par les soldats allemands, sous les ordres des Nazis et avec la complicité de la milice de Vichy.

LA GRAND-MERE DE LUCILE A ASSISTE, ENFANT, A CET EVENEMENT A JAMAIS GRAVE DANS SA MEMOIRE.

« Juillet 1944, j’ai 8 ans et suis en vacances chez mes grands-parents qui habitent TOUSSIEU (Ain), ma mère y étant elle-même née.

Cet après-midi là, nous allions ramasser les pommes de terre dans un champ que cultive mon grand-père et qui est situé près de la route nationale. La fin de la soirée approche lorsque tout à coup nous voyons passer des camions militaires allemands bâchés. Peu de temps après, nous entendons une fusillade, puis nous voyons les camions repasser dans le sens inverse, ma grand-mère décide de rentrer aussitôt. Nous prenons le chemin du retour, regardant à droite, à gauche, quand hélas, nous découvrons des corps et des corps allongés, face contre terre, certains même attachés entre eux. Une femme marche devant nous rentrant son troupeau, ma grand-mère me confie à elle, ne voulant pas que je reste là devant ce spectacle horrible et nous charge d’avertir le village. Elle passera la soirée avec beaucoup d’autres personnes à faire la toilette mortuaire de ces vingt-huit hommes.

C’était il ya cinquante ans, mais lorsqu’il m’arrive de passer dans ce chemin, à la hauteur du monument, je détourne aussitôt la tête. »

TEMOIGNAGE DE Mme GARDETTE née OTTAVI Lilia paru le 5 Avril 1993

La commémoration annuelle de cet assassinat réunit toujours de très nombreuses personnes qui viennent ainsi rendre hommage à ceux qui ont perdu leur vie au nom de la liberté.

À plusieurs reprises, des témoins de ce drame et des proches des disparus ont relaté les circonstances de cet événement.

Récemment, monsieur Joseph Coquillard évoquait le souvenir de son cousin Maurice et de son ami Célestin. (Bulletin Municipal n° 21)

Pierre Chabroud, véritable mémoire de Toussieu évoque à son tour ses souvenirs.

Avez-vous des souvenirs personnels de cette journée dramatique ?

J’ai 20 ans. C’est la période des moissons. Ce jour-là, il fait chaud. Je suis aux travaux des champs près de la ferme familiale. J’entends comme une fusillade venant de l’autre côté de « la Côte ». Voulant savoir, je pars dans cette direction et rejoins le chemin de la Perrière, car il m’a semblé que le bruit venait de ce côté-là. Les voisins ont tous entendu également et nous croisons des amis qui ont déjà pris connaissance de la nouvelle: « ils en ont fusillé plus de 20 en bas de la Perrière! »

Nous sommes mis en garde : « Attention, ILS pourraient revenir ! » Malgré cet avertissement, nous voulons voir de nous-mêmes et, hélas nous avons vu la triste réalité : ils sont là, 28 hommes criblés de balles. Le premier a été abattu contre le talus de la route, les 27 autres sont allongés contre le bosquet.

Après la fusillade, que s’est-il passé ?

Les 28 corps ont été ramenés le soir mê-me dans la remise de Monsieur Lardière (qui deviendra plus tard notre première Salle de Fêtes). Une toilette mortuaire a été faite par des gens courageux et dévoués du village, assistés par le frère Benoît, moine franciscain, spécialiste de l’équipe des charniers, qui a pu identifier 19 corps, grâce à divers relevés et photographies .Le frère Benoît a également grandement contribué à l’organisation des obsèques.Une fosse commune a été creusée àla main par le fossoyeur, les ouvriers de l’entreprise Magnaud et des bénévoles. Une entreprise de Lyon fut chargée de la fabrication des cercueils.

Y a-t-il eu une cérémonie à Toussieu ?

Le 14 juillet, soit deux jours après le drame, se sont déroulées d’émouvantes funérailles suivies par une foule nombreuse et silencieuse. Presque toute la population était présente, malgré l’inquiétude de voir réapparaître les soldats allemands. Les cercueils ont été transportés sur deux chars agricoles tirés par des chevaux. Le curé Jean-Marie Berger, porté sur un fauteuil par deux hommes, car très malade, a assuré la bénédiction religieuse.Au fil des mois, les corps ont été rapatriés dans les communes respectives de chacun des défunts reconnus.

Les 9 inconnus ont été transférés au cimetière de la Doua en octobre 1958.

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commentaires

Felber Evelyne 08/02/2014 18:12

Une remarque importante sur le lieu il ne s'agit pas de Toussieu 01 dans l'Ain mais un autre village Toussieu dans le Rhône à l'époque Toussieu était dans d'Isère.C'est bien l'histoire de ma tante
madame Gardette née Ottavi

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