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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 10:25

Cette année scolaire 2020-2021 les élèves de l'AEC ont travaillé sur le thème de l'Exode, un phénomène récurrent dans les guerres et en particulier dans les deux guerres mondiales. Ce fut l'occasion pour certains d'entre eux de découvrir que leurs ancêtres en avaient été les témoins voire les acteurs. C'est le cas de Cléa qui, a apporté au collège le récit de Rose, son arrière-grand-mère qui, avait été interrogée par sa famille sur cet épisode vécu. Avec l'accord de la famille et de Cléa que nous remercions, nous vous proposons ce récit. 

L'Equipe AEC

NB: Les notes de bas de pages et les informations complémentaires qu'elles contiennent ont été ajoutées par l'AEC

Récit d’Exode.

Récit de Rose, l’arrière-grand-mère de Cléa.

Interview réalisée par sa famille le 10 Janvier 1990

                                                     ______________________________________

-Comment s’est passé votre départ pour l’Exode ?

R : Ça s’est passé dans la nuit du 16 mai 1940. Le maire de notre commune ; Verneuil-sur-Serre[1] dans l’Aisne avait donné l’ordre à tous ses habitants d’évacuer en Mayenne. Alors nous sommes partis vers 5 heures du matin avec des chariots et des chevaux et toute la famille. Sur les routes, nous avons été bombardés, mélangés avec des militaires et toutes sortes de personnes.

-Pourquoi vous êtes-vous dirigés vers la Mayenne ?

R : Parce-que la commune l’avait décidé[2], il fallait partir dans la Mayenne. Arrivés, nous avons été accueillis sur la place du village, puis toutes les familles, les gens étaient séparés dans les fermes et dans des logements du village.

-Où était-ce en Mayenne ?

R : C’était à Pré-en-Pail[3]

-Les habitants étaient-ils hospitaliers ?

R : Oui et pour la nourriture, ils nous donnaient leurs produits de la ferme, nous n’avions que le pain à acheter et la viande.

-Alliez-vous à l’école ?

R : Oui, j’étais à l’école Rivais pendant un mois, je faisais avec ma sœur 2,5 km par jour pour aller au village car nous étions dans une ferme à l’écart.

-Aviez-vous des informations sur la guerre et l’Armistice ?

R : Peut-être les parents, mais moi je ne m’en souviens pas à cause de mon jeune âge.

-Pourquoi êtes-vous partis de votre village ?

R : Parce qu’ils avaient peur de l’occupation allemande[4].

-Comment s’est passé le retour ?

R : Le retour s’est bien passé. Nous sommes rentrés le 14 juillet 1940, mais nous avons été obligés de nous arrêter à Soissons car les Allemands nous ont demandé un « laisser-passer » et sans, nous ne pouvions pas traverser le pont sur l’Aisne[5]. Après deux jours d’attente dans une pâture, nous avons eu le « laisser-passer ». Nous avons retrouvé le village de Verneuil, toutes les maisons avaient été pillées…

-Qui a donné l’ordre de rentrer ?

R : C’est le maire, car les Allemands étaient entrés dans Paris[6], l’Armistice avait été signé[7] et nous, nous avions honte de rentrer.

 

[1] Verneuil S/Serre est une commune du département de l’Aisne située au Nord de Laon sur la RN2 en direction de Marle et Vervins.

[2] Il s’agit en réalité d’une décision préfectorale (circulaire du 20 juin 1939) relayée par les maires du département. La destination était donc prévue de longue date.

[3] Pré-en-Pail (aujourd’hui commune de Pré-en-Pail-St Samson) est un village de la Mayenne situé entre Alençon et Mayenne dans les Monts des Avaloirs aux confins de la Mayenne et de l’Orne.

[4] « Les 15 & 16 mai, les habitants du Laonnois prennent le chemin du Soissonnais puis Compiègne ou Villers-Cotterêts ». https://www.aisne.com/sites/default/files/2019-11/la_bataille_de_france_dans_laisne_-_1939-1940.pdf

[5] La plupart des ponts de Soissons avaient été détruits le 6 juin tout comme ceux de Pommiers, Pasly et Venizel.

[6] Les Allemands sont entrés dans Paris le 14 juin.

[7] L’Armistice a été signé le 22 juin en forêt de Compiègne dans le wagon du Maréchal Foch.

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 21:10

Aujourd'hui, l'AEC a reçu en prêt un objet fraîchement sorti de terre: un éclat d'obus. Celui-ci dormait depuis plus de cent ans sous le jardin de Mme Cassagne, nouvelle enseignante de Français du collège. En effet, c'est en retournant la terre de son jardin situé dans une commune de la périphérie de Soissons, que cet éclat est apparu. Sa forme ne laisse aucun doute sur son identité. Mme Cassagne l'a apporté pour en faire profiter les élèves de l'AEC et leur envoyer un message concernant les éventuelles trouvailles de la sorte. Elle les met en garde sur les objets que l'on peut encore trouver dans le sol qui peuvent, le cas échéant être dangereux. Ce n'est pas le cas de cet éclat, mais de nombreuses munitions non éclatées peuvent s'avérer un réel danger si on les manipule. Un conseil donc, si jamais vous trouvez un objet suspect, n'y touchez pas et alertez un adulte. De nombreux accidents ont encore lieu à cause de ces engins. En outre, les élèves ont pu sous-peser l'objet et constater son poids non négligeable. Cela leur a donné une idée des dégâts qu'un tel éclat pouvait faire sur les soldats qui les prenaient dans le corps ou le visage.

Un grand merci à Mme Cassagne pour l'objet et pour ses conseils avisés.

L'Equipe AEC

Eclat d'obus trouvé en 2019 dans la périphérie de Soissons. Coll. A.Cassagne
Eclat d'obus trouvé en 2019 dans la périphérie de Soissons. Coll. A.Cassagne

Eclat d'obus trouvé en 2019 dans la périphérie de Soissons. Coll. A.Cassagne

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 18:18

Aujourd'hui, c'est Lucie qui apporte au collège des documents relatifs à son arrière grand-père. Il s'agit de 

                                                            François GROUSSARD

Né le 30 Juillet 1910 à la Pellerine dans la Mayenne, il fut dans les années 1930 cavalier au 4ème escadron du 6ème Régiment de Dragons. Célèbre régiment qui à son incorporation est stationné à Vincennes où il restera jusqu'en 1940. En 1934, François Groussard reçoit un certificat de bonne conduite pour les services rendus signé par le lieutenant-colonel du Périer de Larsan.

A la mobilisation, il est versé dans le 11ème Régiment de Dragons portés qui vient d'être remis sur pied après sa dissolution en 1929. C'est sous les ordres du lieutenant-colonel Revouy que François sert jusqu'à la défaite de juin 1940.Le régiment est alors cité à l'ordre de l'Armée. Lucie confie à l'AEC ces documents gardés par sa famille et nous les remercions chaleureusement.

L'Equipe AEC

Certificat de bonne conduite de François Groussard et son étui. Coll. Groussard
Certificat de bonne conduite de François Groussard et son étui. Coll. Groussard

Certificat de bonne conduite de François Groussard et son étui. Coll. Groussard

Carte postale. Coll. D.Thopart

Carte postale. Coll. D.Thopart

Citations du 11ème Régiment de Dragons portés. Coll. Groussard.

Citations du 11ème Régiment de Dragons portés. Coll. Groussard.

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 16:51

C'est avec émotion que l'AEC a appris le décès de Monsieur Pierre GARNIER, une personne bien connue de Bargny. En début d'année scolaire, M.Garnier était venu au collège témoigner de son enfance à Bargny pendant la Seconde Guerre Mondiale à l'initiative de Laetitia, sa petite-fille et élève de l'AEC. Avec sa disparition ce travail de mémoire prend aujourd'hui tout son sens et son récit restera dans la mémoire familiale mais aussi locale. Laetitia, par son travail a fixé le récit de son grand-père qui, participe à la grande histoire. Un grand bravo à toi Laetitia.

Toute l'Equipe de l'AEC te présente ainsi qu'à toute ta famille ses sincères condoléances.

RECIT DE M.GARNIER. BARGNY

Pierre Garnier est né en 1934 à Lévignen et a dix ans à la Libération. Issu d'une famille d'agriculteurs de 3 enfants, il a un frère et une sœur. Il a gardé en mémoire quelques souvenirs de la guerre à Bargny.

L'EVACUATION :

"A cette époque, j'avais 6-7 ans. On a évacué une première fois entre Meaux et Coulommiers à Bouleurs. Puis, la deuxième fois jusqu'à Giens. On a regroupé les vaches dans une pâture et des soldats français sont passés chez nous et se sont occupés des bêtes. Je ne sais où ils allaient.On est partis avec des chevaux, mon grand-père étant cultivateur. On avait emporté du matériel, des meubles dans des charrettes. Mon grand-père avait fait une cage au-dessous de la charrette pour y mettre des poules. Maman conduisait la C4 et, faute de carburant, on l'a attachée derrière la charrette pour la tracter. En chemin, on a été mitraillé et le pont de Giens a sauté. On a eu juste le temps de passer, sinon on aurait sauté avec. On nous a dit d'aller à Giens car on ne pouvait aller n'importe où. Les Allemands nous doublaient ! Quand j'y pense, c'était incroyable. Mon père était soldat en 1940 dans le Train-Auto à Etain dans la Meuse, mais comme il avait des problèmes au cœur, il a été réformé. Il est donc revenu, sans quoi, il aurait sans doute été fait prisonnier. Il est rentré aux Ponts et Chaussées à Betz situés après le pont SNCF sur la route d'Acy (avant, il était mécanicien à la sucrerie de Vauciennes). Il avait un atelier de réparation, une forge.

L'OCCUPATION :

Les Allemands faisaient des manoeuvres dans les pâtures. Un jour mon père, qui était F.F.I. avec M.Triboulet, avait récupéré des balles et en avait plein les poches. Il n'aurait pas fallu qu'ils se fassent attraper avec ça ! A Bargny, les Allemands ne faisaient que passer, il n' avait pas de cantonnement.

On n'a pas trop manqué durant cette période, comme c'était le cas en ville. Des Parisiens venaient jusqu'ici, en vélo chercher des pommes de terre. Ils nous donnaient de la saccharine contre des pommes de terre, on faisait du troc. On avait des tickets de rationnement pour l'alimentation, les vêtements...

A Bargny, le maire était M.Triboulet, un ancien de 14-18 qui n'aimait pas les « Fridolins ». A la mairie, un panneau en Allemand indiquait « Burgmeister ». Mon grand-père aussi avait fait 14-18, 7 ans d'armée : 3 ans d'active et 4 ans de guerre !. Mon père* quant à lui, n'a pas fait le S.T.O., mais il avait la trouille d'être réquisitionné. Il avait dit aux gendarmes avec qui il était bien, de le prévenir si on venait le chercher. Il se serait alors sauvé par les bois derrière les Ponts et Chaussées. Cependant, on nous a réquisitionné des chevaux, il fallait les amener à Betz à la grille du château. Celui qui en avait 5 ou 6, on lui en prenait 1. Celui qui en avait 10, on lui en prenait 2. Ils étaient ensuite emmenés pour tirer les canons. Mon grand-père n'était pas content, déjà qu'on en avait perdu un durant l'évacuation en forêt de Fontainebleau...

LA LIBERATION (Août 1944-...)

« Quand les Américains sont arrivés, on est descendus sur la place pour les voir passer. C'est Jean Hermant qui nous a prévenu. Les chars arrivaient de Betz et allaient en direction d'Ivors. Olivier Brisset, de Betz était assis sur le devant du char... On a vu passer une vingtaine d'Allemands en vélo. Ils ne savaient plus où aller. Ils se sont arrêtés un moment sous les arbres de la place et sont partis je-ne-sais-où ? Il faisait chaud. Plus tard, il y a eu un capitaine américain qui est resté dans le village de Bargny, il était installé dans une maison de l'actuelle rue de chemin vert chez M.Lavache. Il y avait son bureau. Avant lui, les Américains avaient installé un poste d'observation au sommet du clocher et un bureau dans l'église ! Plusieurs officiers y sont passés. Nous les gamins, on allait les voir et ils nous donnaient des chewing-gums.

Des avions américains mitraillaient des convois allemands sur la RN2. C'étaient des double-queues. Moi, j'avais peur des avions et j'allais me réfugier dans une tranchée derrière la ferme. On avait mis des ballots de paille dessus. Sur la route d'Ivors, il y avait des tas d'obus. Les prisonniers les chargeaient dans des camions américains et allaient les faire sauter dans le blockhaus du Bois de Lévignen. Ça sautait pendant deux ou trois jours. Ils enlevaient les douilles vides et remplissaient. Ces munitions au bord des routes, les Américains n'en avaient plus besoin. C'étaient des gros camions, des semi-remorques.

Des prisonniers allemands sont venus nettoyer le cimetière de Bargny, gardés par d'anciens prisonniers français. A la maison, il y avait une carte au mur que l'on punaisait au fur et à mesure de l'avancée des Américains.

Pas mal de Résistants fabriquaient des pointes pour crever les pneus, c'était pas toujours marrant. Un jour à Gondreville, ils se sont fait attrapés et ont du réparer les pneus. Il y avait pas mal de pseudos FFI..

Les avions américains jetaient des poèmes, des chansons (le Courrier de l'Air), des petits bouquins, ils envoyaient des bandes de papier aluminium pour brouiller les messages. Ils jetaient aussi des réservoirs de 1000 litres lorsqu'ils venaient de bombarder l'Allemagne. Ils se délestaient et ça tombait dans les champs. Certains en ont récupéré, puis découpé pour en faire des barques rondes. Parfois, il y avait une vingtaine d'avions qui passaient, ça faisait un de ces vacarmes, surtout la nuit. Les bombardements de la région parisienne illuminaient le ciel jusqu'ici.

Un avion allemand s'est fait mitraillé et s'est écrasé sur la route d'Ivors, à gauche avant le croisement. Le lendemain, on est allé voir. Il y avait des corps et même que le chien du cousin a bouffé une cervelle !"

Propos recueillis le 20 Octobre 2017.

* Le père de Pierre GARNIER s'appelait aussi Pierre GARNIER. Quelques documents relatifs à sa guerre sont présentés en fin d'article.

 

Un char américain à Bargny. Photo J.Hermant

Un char américain à Bargny. Photo J.Hermant

Documents ayant appartenu à Pierre GARNIER père. Fonds Garnier
Documents ayant appartenu à Pierre GARNIER père. Fonds Garnier

Documents ayant appartenu à Pierre GARNIER père. Fonds Garnier

Un document exceptionnel émanant de l'Ortskommandantur de Lévignen. Coll. famille Garnier

Un document exceptionnel émanant de l'Ortskommandantur de Lévignen. Coll. famille Garnier

Traduction de l'Allemand:

"Le soldat français Garnier, Pierre, né le 10. 01.1909 à Jgny-le-Gard, résidant à Bargny, s'est présenté le 05.07.40 à la "Kommandantur" locale. Il a été renvoyé dans son village d'origine. Il a en effet été renvoyé de l'armée française le 09.01.40 en raison d'un grave problème cardiaque."

Un grand merci à Mme MAUMUS pour la traduction.

L'Equipe AEC

Autre personnalité de Bargny faisant partie de la famille de Laetitia:

Marcel LAMBERT. La famille de Laetitia a conservé de ses ancêtres cultivateurs à Bargny d'autres documents qu'elle propose à l'AEC

Livret militaire et fascicule de mobilisation de Marcel LAMBERT de Bargny
Livret militaire et fascicule de mobilisation de Marcel LAMBERT de Bargny
Livret militaire et fascicule de mobilisation de Marcel LAMBERT de Bargny

Livret militaire et fascicule de mobilisation de Marcel LAMBERT de Bargny

Coll. Famille Garnier

Coll. Famille Garnier

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 10:50

Dans le cadre de l'AEC et du travail de mémoire, Rose nous propose de découvrir le destin de Gaston POIRET son arrière-arrière grand-père qu'elle appelle affectueusement Pépé Gaston. Ce travail d'historienne, Rose l'a conçu comme un hommage mais aussi comme passage de témoin au sein de sa famille. Un travail que Rose a présenté à son oral de Brevet dans le cadre de son Parcours Citoyen. Un grand bravo à Rose et à sa famille qui conserve précieusement ce patrimoine. Un exemple et un appel aux jeunes générations à se pencher sur leur histoire familiale.

FELICITATIONS

Prochainement: l'hommage rendu par Laetitia à ses ancêtres de Bargny...

L'Equipe AEC

 Biographie de Gaston Poiret

 

  1. L’identité

Gaston Poiret est né le 24 mars 1900 à Allery dans la Somme, il vit la première guerre mondiale mais n’y est pas envoyé car il est encore trop jeune. Il épouse Yvette Galhaut en 1924, puis Yvette donne naissance à leur premier enfant, Arlette Poiret (mon arrière-grand-mère) en novembre 1924, puis Liliane Poiret en décembre 1926, Giselle Poiret en juin 1929, Gérard en 1934 et enfin Danièle en juin 1940. En 1933, il est victime d’un accident de chasse et suite à cela, il est resté invalide du bras gauche. Il n’a pas été appelé pour la seconde guerre mondiale car invalide et père de famille nombreuse.

  1. L’occupation

Gaston a très mal vécu l’Occupation, comme de nombreux Français. Il était communiste et beaucoup de communistes sont entrés dans la résistance, à cause de cela ils étaient dénoncés et déportés. Un jour de 1939 qu'il revenait d’Amiens, les Allemands ont bombardé Allery à un endroit où heureusement il n’y avait pas de maison. Lui et sa famille sont partis à pied dans la nuit pour rejoindre Laval. Quand ils sont arrivés à destination, les Allemands y étaient déjà et leur ont intimé l’ordre de repartir chez eux.

  1. Royallieu

Un jour de 1941, Pépé a pris son fusil et a attendu caché sur le bord d’un chemin que Mr D, l’un des plus gros tisserand d’Allery, passe. Il le guettait car celui-ci l’avait dénoncé aux autorités comme opposant politique. Quand vint le moment de tirer, il repensa qu’ils avaient le même âge et avaient été à l’école ensemble et n’eut pas le cœur de tirer. Trois jours plus tard, Pépé était envoyé  au camp de transit de Royallieu où il resta jusqu’en mars 1942. Dans ce camp, ont transité des personnes connues tel que Robert Desnos (1900-1945), poète français des années 30, qui n’avait pas les mêmes idées que le régime Hitlérien comme la plupart de ses confrères. Celui-ci n’a pas eu autant de chance que Pépé, il a été déporté dans un camp de concentration où il est mort.

  1. Les objets

Pendant son internement, Gaston a confectionné avec des morceaux de bois et un barreau de lit plusieurs objets tout en sachant qu’il était invalide : des boites, un rond de serviette, un chausson, une chaîne avec un boulet… Pour moi et ma famille, ces objets sont la prunelle de nos yeux et encore plus pour ma grand-mère qui était très proche de son grand-père. Ma grand-mère n’a pas souhaité donner les objets au mémorial et ne le fera pas de son vivant même si elle sait que beaucoup de gens seraient intéressés de voir ce travail. Nous, les descendants, nous prendrons peut-être la décision de les confier au mémorial pour que le travail de mon arrière arrière grand père soit reconnu et admiré.

Le camp de Royallieu est maintenant transformé en mémorial qui peut être visité. Nous l’avons visité en famille, il est très intéressant. Pour ce qui est de l’oral, moi j’ai pris plaisir à le faire. J’ai beaucoup aimé retracer le parcours de mon arrière-arrière-grand-père car c’est avant tout un travail de mémoire et de transmission familiale.

                                                                 ROSE D.  2017-2018

 

Carte d'interné politique de Gaston POIRET

Carte d'interné politique de Gaston POIRET

Correspondance de Gaston ou à destination de Gaston Poiret au camp de Royallieu (Frontstalag 122)
Correspondance de Gaston ou à destination de Gaston Poiret au camp de Royallieu (Frontstalag 122)
Correspondance de Gaston ou à destination de Gaston Poiret au camp de Royallieu (Frontstalag 122)

Correspondance de Gaston ou à destination de Gaston Poiret au camp de Royallieu (Frontstalag 122)

Les objets confectionnés par Gaston au camp de Royallieu. Coll. particulière.

Les objets confectionnés par Gaston au camp de Royallieu. Coll. particulière.

Détails des objets: rond de serviette, bague, pot...
Détails des objets: rond de serviette, bague, pot...
Détails des objets: rond de serviette, bague, pot...

Détails des objets: rond de serviette, bague, pot...

La médaille d'interné de Gaston

La médaille d'interné de Gaston

Témoignage émouvant du passage de Gaston au Frontstalag 122: son nom inscrit sur la vitre du Mémorial.

Témoignage émouvant du passage de Gaston au Frontstalag 122: son nom inscrit sur la vitre du Mémorial.

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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 15:04

Julien est un ancien de l'AEC de la saison 6 (2011-2012). Depuis, il est est resté un fidèle du projet, qu'il suit régulièrement alors que les études l'occupent et qu'il a déménagé.Sa fidélité, ce sont aussi des visites lorsque son emploi du temps le lui permet sur les chantiers de rénovation des blockhaus ou lors de commémorations. Depuis tout ce temps, Julien a continué à s'intéresser à l'histoire, celle qu'aime l'AEC à savoir ces parcours personnels et familiaux. Ce sont quelques documents" tirés du tiroir" confiés par son grand-père que nous livre aujourd'hui Julien. Ces papiers de familles, aux infos éparses, Julien en a retracé une tranche de vie. Un exercice d'apprenti historien que l'AEC s'emploie à développer auprès des élèves.

Merci à Julien pour ce travail de mémoire, pour ce bel hommage à ton aïeul et merci pour ta fidélité à l'AEC sans cesse renouvelée.

L'Equipe AEC

Mon arrière grand-père s'appelait Louis Emmanuel COYEZ

 

Il est né le 11 avril 1909 dans le petit village de Boussières-en-Cambrésis dans le Nord près de Cambrai. Ses parents étaient Amédée Coyez et Florentine Lasselin. Durant la Grande Guerre, avec l'occupation allemande, Louis n’a pas eu de scolarité suivie et n’a donc pas passé d'examen comme le certificat d'études qui fut remplacé par une estimation des connaissances.

Après une scolarité éphémère, il est embauché à l’usine de tissage de Boussières. Très vite passionné de mécanique, il est chargé dans cette usine de l'entretien et des réparations des métiers à tisser. Ensuite, il quitte cette activité pour devenir mécanicien auto chez Talbot Cambrai avant d’entrer à la SNCF en 1939.

Il faisait partie de la classe 1929, mais il avait été ajourné pour faiblesse. De taille très moyenne (1,62m), c'est un homme aux cheveux châtain clair, aux yeux bleus et au visage long. Il possède un degré d'instruction de 2 correspondant à « sait lire et écrire ».

 

Il effectue son service militaire en étant incorporé au 94ème R.I. à compter du 15 0ctobre 1930 et est passé en disponibilité un an après le 15 Octobre 1931 avec un certificat de bonne conduite accordé. Il était ajusteur à la SNCF « manœuvre autorail », mais est mobilisé en tant que mécanicien auto au 294ème Régiment d'Infanterie au recrutement de Cambrai, la ville de garnison dont il dépendait. Quand la déclaration de guerre est prononcée, il est mobilisé au dépôt du 62è R.I. à Chartres le 1er Octobre 1939. Il est donc rappelé le 2 Octobre 1939 au centre mobilisateur n°62 à la disposition de la SNCF, puis au 294ème R.I .le 16 Mars 1940. Pendant la guerre, il est donc chauffeur mécanicien au service auto de ce même dépôt.

 

Au moment de la Débacle de l'armée française, sous la menace d'un officier il doit laisser son camion pour que ce dernier s’évade dans le secteur de Pontarlier. A pied, il passe la frontière suisse à défaut de pouvoir s'évader vers le sud de la France. Il rejoint Interlaken, puis après avoir franchi le col du St Gothard, se retrouve en Suisse italienne à Lugano. C'est là qu’il se lie d'amitié avec quelques Suisses dont il gardera des contacts de nombreuses années après la guerre. Il y est interné du 19 juin 1940 au 26 Janvier 1941. En effet, il est expatrié le 27 Janvier et rentre en France où il sera démobilisé le 4 Avril suivant à Montpellier, vraisemblablement au camp de Montpellier-Villodève. Très vite, il se retire à Paris au 4, rue de l'interne Loeb dans le 13è arrondissement où vit son oncle, car ne pouvant se retirer en zone occupée à Cambrai. Ce n’est que plus tard qu’il rejoint Cambrai avec l’aide des cheminots, caché à bord d'une locomotive.

Lors de sa démobilisation en 1941, il est marié mais n'a pas d'enfant et est toujours domicilié à Boussières au 27, rue de l'église. Il a alors 30 ans.

a vapeur.

 

D'après ses papiers militaires, il était un très bon chauffeur, consciencieux et apte à faire des réparations.

 

Julien


 

Julien rend hommage à son arrière grand-père.
Archives familiales Julien F.
Archives familiales Julien F.

Archives familiales Julien F.

Photo Généanet.org

Photo Généanet.org

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 16:07

Aujourd'hui c'est Mme Vecten, l'infirmière du collège qui nous confie cette carte nationale de priorité des mères de famille ayant appartenu à sa propre grand-mère, mère de 6 enfants. Cette carte est un document intéressant pour la connaissance de la France pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, elle date de 1942 et est un témoin  de la politique nataliste prônée par le Régime de Vichy du maréchal Pétain en faveur des mères et des familles nombreuses.  Pour aller plus loin, consultez le lien proposé.

Un grand merci à Mme Vecten.

L'Equipe AEC

Les trésors enfouis au fond des tiroirs
Les trésors enfouis au fond des tiroirs
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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 18:47

Aujourd'hui Loïc, élève de 3è a apporté à ses camarades de l'AEC des documents retrouvés dans le grenier d'une mairie d'une commune de l'Aisne. Ces documents datant de 1941 sont intéressants car ils nous replongent dans la période noire du Régime de Vichy et de la Collaboration. En effet, on y comprend le terrible rôle que devaient remplir les élus qui devaient fournir aux autorités préfectorales les renseignements que l'Etat et les autorités d'Occupation leur demandaient. Tâches ingrates, surtout lorsqu'il s'agissait de faire remonter en haut lieu des noms de personnes de confession juive de la commune ou de porter à la connaissance de leur concitoyens par voie d'affichage de terribles éxécutions de Résistants. On imagine (et l'on espère) le cas de conscience posé à certains édiles devant cette problématique et la difficulté d'une telle fonction.

Un grand merci à Loïc

L'Equipe AEC

Circulaire adressé au maire concernant les Juifs exilés d'Allemagne
Circulaire adressé au maire concernant les Juifs exilés d'Allemagne

Circulaire adressé au maire concernant les Juifs exilés d'Allemagne

Avis d'exécution de François Scornet

Avis d'exécution de François Scornet

Avis d'exécution de Robert Deregnecourt (1917-1941) à afficher.

Avis d'exécution de Robert Deregnecourt (1917-1941) à afficher.

Merci à M.James Manning pour le lien: https://www.the-saleroom.com/en-gb/auction-catalogues/reeman-dansie/catalogue-id-srree10093/lot-128a35f6-ec19-4dbb-a0f5-aaa900efb513

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En faisant une petite recherche sur Robert Derégnaucourt, nous avons trouvé sur le site des Archives de la Somme cette terrible photo de son éxécution....http://recherche.archives.somme.fr/ark:/58483/a011327419743Gu3945/1/1

En faisant une petite recherche sur Robert Derégnaucourt, nous avons trouvé sur le site des Archives de la Somme cette terrible photo de son éxécution....http://recherche.archives.somme.fr/ark:/58483/a011327419743Gu3945/1/1

En faisant une petite recherche sur Robert Derégnaucourt, nous avons trouvé sur le site des Archives de la Somme cette terrible photo de son éxécution....

A lire aussi; la rubrique: "Résistants fusillés à la Citadelle d'Amiens" sur le site Picardie 39-45

En ce qui concerne le Breton François Sornet; un article du Télégramme relate son histoire.

L'Equipe AEC

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 23:01

Aujourd'hui, Joyce, élève de l'AEC apporte des tickets de pain retrouvés dans sa famille. On notera la date tardive de 1949 qui montre que le rationnement de la population s'est poursuivi longtemps encore après la guerre.Pour en savoir davantage; consultez les liens ci-dessous.

Un grand merci à Joyce et à vos tiroirs!!!

L'Equipe AEC

Tickets de pain 1949. Coll. J.Nicole

Tickets de pain 1949. Coll. J.Nicole

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 19:48
Un calendrier de poche de 1918

Vendredi les élèves de l'AEC étaient réunis pour la traditionnelle séance: "14-18 par les objets"

Leurs enseignants ont apporté au collège une collection d'objets variés évoquant la Grande Guerre; notamment de l'artisanat de tranchée, des éclats d'obus et autres "souvenirs" de guerre. L'idée étant pour les élèves de pouvoir les toucher, les sous-peser, les feuilleter...Chose impensable dans un musée.

A cette occasion, un nouveau document a enrichi ponctuellement notre collection. Il s'agit d'un petit calendrier de poche de l'année 1918 qui nous a été prêté par Eugénie LE GUIL ; AVS au collège. Il mesure 7,7 cm de haut sur 3,6 cm de large et est constitué de 8 feuilles imprimées recto-verso avec les 12 mois de l'année et 2 pages à la fin consacrées aux tarifs postaux de l'époque. La première de couverture présente le célèbre canon français de 75.

Outre le coté mignon de cet objet du quotidien, il trouve un intérêt dans l'annotation que l'on y lit sur la page de Juillet. En effet, il a été griffonné au crayon entre le 15 et le 28 de ce mois le mot "permission". On peut alors imaginé qu'il appartenait à un soldat pressé de rejoindre les siens. A t-il eu d'ailleurs cette permission? Peut-être appartenait-il à une femme, qui le détenait dans son sac à main,attendant le retour du front de son héros? Qui sait? On ne connaît pas l'identité du propriétaire d'alors. En tout cas, il pose question, suscite l'hypothèse et nous renvoie à cette époque de fin de guerre. D'ailleurs, il est à remarquer, comme un évidence que le 11 Novembre n'est pas encore l'Armistice, ni un jour férié. Ce 11 Novembre 1918, ne devait être qu'une banale journée automnale, tout au plus la St Martin. L'Histoire en a décidé autrement...

L'Equipe AEC qui remercie Eugénie pour ce prêt.

Un calendrier de poche de 1918
Un calendrier de poche de 1918
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